On Reproche Souvent Aux Jeunes D%27%c3%aatre Id%c3%a9aliste R%c3%aaveurs Et Aventuriers -

Elon Musk rêvait de coloniser Mars alors qu’il dormait sur un canapé chez Zip2. Steve Jobs rêvait d’un ordinateur aussi simple qu’un grille-pain. Ces rêves étaient ridicules… jusqu’à ce qu’ils ne le soient plus.

Les jeunes ne sont pas en retard sur la vie. Ils sont en avance sur le monde. Et c’est bien pour cela qu’ils nous dérangent tant. Elon Musk rêvait de coloniser Mars alors qu’il

Quand on reproche aux jeunes d’être « rêveurs », on leur reproche en réalité de ne pas accepter le monde tel qu’il est. Or, comme le disait l’écrivain Pierre Bordage, « Ce sont ceux qui rêvent le jour qui savent voir la nuit. » Les jeunes ne sont pas en retard sur la vie

Cette phrase, aussi immuable que le coucher du soleil, traverse les générations comme un refrain paternaliste. Que vous l’ayez entendue de la bouche d’un parent lors d’un dîner de famille, d’un recruteur après un refus d’embauche, ou d’un professeur en fin de cours, elle porte toujours la même condescendance amusée. L’adulte, installé dans le confort (ou la résignation) du « monde réel », regarde le jeune avec une tendresse mi-figue mi-raisin : « Tu verras, quand tu auras un crédit et deux enfants, tu arrêteras de vouloir changer le monde. » Quand on reproche aux jeunes d’être « rêveurs

Dire d’un jeune qu’il est idéaliste, c’est souvent lui reprocher de refuser le compromis trop tôt. L’adulte a accepté que le travail soit parfois aliénant, que la politique soit un jeu de carriéristes, que l’écologie passe après le pouvoir d’achat. Le jeune, lui, regarde l’écart béant entre ce qui est et ce qui pourrait être.

Le problème de notre époque n’est pas le manque de solutions, mais le manque de problèmes bien posés. La rêverie permet justement cela : sortir du cadre, faire des connexions illogiques, inventer des futurs souhaitables.